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Le Phosphore : Apprivoiser la bête

Publié le 7 juillet 2020

On ne peut pas parler de phosphore sans parler de réglementation. Je vous entends déjà penser : « bon ça y est, la fille du PAEF qui nous parle de phosphore! ». J’aimerais cependant, faire changement et vous amener à voir le phosphore d’une façon différente, pas simplement comme un élément réglementé mais aussi comme un élément essentiel quand on pense à maintenir voire même améliorer ses rendements. Une problématique fréquemment rencontrée dans nos sols québécois est un faible niveau de phosphore dans le sol. En effet, la plupart de nos sols, surtout dans la région, sont carencés en phosphore. On voit également, une tendance régionale à l’appauvrissement des sols en phosphore au fil des ans. Sans chercher à enrichir les sols, on devrait donc, à tout le moins, tendre à combler le plus possible les besoins de la culture en cet élément. À travers les PAEF, à la Coop, on tente de faire le suivi de l’évolution de la richesse de vos sols en phosphore. La figure suivante a été prise dans un PAEF et représente donc la situation d’une seule entreprise. Cependant, ce genre de diagramme ressort avec un appauvrissement plus ou moins marqué d’une ferme à l’autre. Est-ce qu’on peut donc parler de suivi de la richesse en phosphore ou on devrait plutôt commencer à parler de suivi de l’appauvrissement?

Au même titre que l’azote et le potassium, le phosphore est un élément majeur. Il est donc étroitement lié à vos rendements et ne devrait pas être négligé. Qui dit glementé ne dit pas obligatoirement à éviter. Cependant, il est primordial de mieux gérer le phosphore qu’on apporte à nos cultures. Comme il s’agit d’un élément peu mobile dans le sol et qui se fixe rapidement, plus il sera à proximité des racines, plus il aura de chances d’être prélevé adéquatement par la culture en place. De cette façon, un placement de l’engrais minéral en bande au semoir, à proximité des semences et donc, à proximité des futures racines contribuerait grandement à améliorer l’efficacité de la plante à le prélever, plus particulièrement dans une culture de céréales. Le phosphore apporté par le fumier ou par un engrais appliqué à la volée aura plutôt tendance à s’accumuler graduellement dans le profil cultural. 

De plus, comme c’est le cas pour la plupart des éléments, le phosphore tend à se fixer plus facilement et plus rapidement dans un sol à pH acide. On ne le dira jamais assez : la clé du succès passe d’abord et avant tout par un chaulage adéquat de vos parcelles. Une fois ce point corrigé, ce que vous appliquerez pourra être plus disponible à la culture. 

Ce que vous devez absolument retenir : le phosphore doit être géré intelligemment et raisonnablement, sans appauvrir vos sols et affecter vos rendements actuels et futurs. N’oubliez pas que nous empruntons la terre à la génération future. Bonne saison 2020! 

 

Stéphanie Lepage, experte-conseil en agroenvironnement